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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 14:16

SIL021-photo1de1.jpegS’émanciper : un mot qui a suscité un vif débat ce dimanche 24 mars 2013 au Salon du livre, au stand Livres et Auteurs du Bassin du Congo.

 Il est vrai que l’émancipation de la femme africaine fait l’objet d’un débat actuellement dans les pays africains, et c’est un mot que n’apprécient pas Khadi Hane, auteur du roman Des fourmis dans la bouche, ainsi que Reine Mbea, Les Aventures de Sissi, réunies autour d’une table ronde afin de parler des portraits de femmes dans la cité en présence de Wilfried N’Sondé, auteur de Fleur de béton et Réassi Ouabonzi journaliste, blog littéraire « chez Gangoueus ». En effet, dans les romans de nos trois auteurs, la femme est mise au centre du scénario de la vie. Elle mène son combat contre les difficultés de la vie, la précarité, allant jusqu’à braver les limites de l’immoralité.

Dans Des fourmis dans la bouche, Khadi Hane porte une vision globale sur les conditions des femmes à Paris, qui n’est pas toujours une ville lumière. Khadîja, personnage du livre, élève seule quatre enfants à Paris, dans le quartier de Château-Rouge. Elle se retrouve exclue de sa communauté à cause de sa liaison avec Jacques, le père de son fils métis et passe en jugement. L’écrivain nous peint un tableau intense de Château-Rouge, porté par une écriture inventive sur un ton de colère. Selon elle, le fait de vouloir changer les conditions de sa vie ne veut forcément pas dire qu’on s’émancipe.

C’est dans le même élan que Reine Mbea, dans Les Aventures de Sissi, décrit la vie d’une jeune débrouillarde qui lutte pour le quotidien dans les rues de Yaoundé. Sissi, la croqueuse d’hommes est prête à tout pour réussir.

Wilfried N’Sondé, auteur de Fleur de béton, raconte la vie de Rosa Maria, cette jeune fille qui rêve de soleil, d’amour, de calme, mais surtout de quitter la Cité des 6 000 où elle vit avec sa famille. En attendant ce grand jour, elle porte le deuil de son frère aîné retrouvé mort derrière le parking du supermarché, cache sa féminité et soupire en cachette pour le beau Jason qui ne la voit pas. Un incident avec la police provoque une émeute dans le quartier, qui précipite les destins des personnages. La création de ce personnage féminin a été un challenge pour l’écrivain qui dû se mettre dans la peau d’une jeune fille.

Le thème essentiel de la table ronde a porté sur les conditions précaires des femmes « africaines » dans les grands centres urbains, ainsi que leurs moyens de survie. Plusieurs femmes dans les cités sont victimes de violences, de discrimination, de pauvreté, de préjugés.

 

Vanessa Ng 

Photo : Table ronde Portrait des femmes de la cité.

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 14:11

SIL020-photo1de1-copie-1.jpegDimanche 24 mars, le stand Livres et Auteurs du Bassin du Congo au Salon du livre de Paris proposait une table ronde sur la question de l’exil dans la littérature africaine. Les écrivains Théo Ananissoh, Eugène Ebodé et François Durpaire ont répondu aux questions de Zacharie Acafou. Un débat passionnant.

Exil ou immigration ?

Théo Ananissoh, auteur de L’invitation (Éditions Elyzad), et François Durpaire qui a publié en 2012 l’essai Nous sommes tous la France (chez Philippe Rey), sont d’accord sur un point : le terme d’exil doit être utilisé avec prudence. L’exil implique un éloignement physique et affectif opéré dans la contrainte. Ne sont donc des exilés que les hommes politiques ou les écrivains dont l’activité ne trouve de sens que dans un cadre géographique donné. Un écrivain francophone africain qui réside en France est-il vraiment un exilé ? Peut-être est-il plus juste de parler d’immigration.

S’exiler pour s’enrichir

Dans Silikani (Gallimard), Eugène Ébodé reprend les choses au point de départ et demande au lecteur de s’interroger sur les raisons qui peuvent pousser un être à quitter sa terre natale. L’exil n’est pas toujours inspiré par la détestation de son pays d’origine ou par des circonstances économiques défavorables qui le pousseraient à chercher l’eldorado ailleurs. Pour François Durpaire, venir à Paris pour un écrivain africain (ou antillais ou afro-américain) n’est pas perçu négativement, mais est vécu comme un acte qui va apporter quelque chose à sa littérature et lui permettre de prendre place au sein d’une communauté internationale d’écrivains.

La littérature de l’exil a produit des textes magnifiques

Eugène Ébodé tient à souligner que la littérature de l’exil n’est pas une littérature de lamentations. Elle a produit des textes magnifiques, dont le Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire, une forme de nostalgie sublimée. Il rend également hommage à Jacques Rabémananjara et son poème Antsa.

Tous ont également eu une pensée solidaire pour l’écrivain gabonais Janis Otsiémi qui vit actuellement une sorte d’exil intérieur parce qu’il s’est vu refuser le visa qui lui aurait permis de participer au Salon du livre.

 

Armelle Myab 

Photo : De gauche à droite, Théo Ananissoh, François Durpaire, Zacharie Acafou et Éugène Ebodé.

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 13:46
SIL019-photo1de2-copie-1.jpegLe sport s’invitait, dimanche matin, pour la première fois parmi les débats du stand Livres et Auteurs du Bassin du Congo, au Salon du livre de Paris. Autour de Dominique Loubao, pertinente et dynamique animatrice de la table ronde, Joseph-Ghislain Gabio « Tao-Tao », Paul Bonga-Bonga, Joëlle Esso et Philippe Ngamou ont échangé sur le football d’hier et d’aujourd’hui.

Témoins et acteurs privilégiés de la grande histoire du football africain étaient face au public dimanche matin sur le stand Livres et Auteurs du Bassin du Congo. Galanterie oblige, la Camerounaise Joëlle Esso a ouvert le débat.
Devenue une confidente privilégiée de Samuel Eto’o, dont elle croque la vie dans la BD "Eto’o Fils, naissance d’un champion" (le premier des neuf tomes), la « maman » de Petit Joss a expliqué pourquoi le champion camerounais a choisi les Éditions Dagan : « Samuel vient d’un milieu modeste et il ne l’a pas oublié, ce qu’il prouve au quotidien avec sa Fondation Samuel Eto’o Fils et les nombreuses actions concrètes qu’il réalise sur le terrain (unités pédiatriques, centres de formation, soutien des équipes féminines…). Il tend aujourd’hui la main comme on la lui a tendue lorsqu’il était plus jeune. Mais au-delà du geste solidaire, il apprécie aussi la vocation première et le professionnalisme des Éditions Dagan. Samuel avait apprécié "Petit Joss" (BD sortie en 2010) et la décision de travailler ensemble s’est faite naturellement. "Il avait envie de partager son parcours avec les enfants pour montrer que sa réussite est le fruit d’un travail acharné", indique l’artiste camerounaise (peintre, comédienne, danseuse, illustratrice, chanteuse et auteur-compositeur).
Digne prédécesseur du Camerounais, le Congolais (RDC) Paul Bonga-Bonga prit ensuite la parole pour témoigner d’un autre temps, d’un autre football. Premier Africain à être nominé dans l’équipe mondiale de l’année, en 1962, aux côtés de Pelé, Kubala ou Gento, Paul Bonga-Bonga raconte : « Comme beaucoup d’enfants africains, j’ai débuté pieds nus. Il y avait d’ailleurs deux championnats : celui des non-bottés et celui des bottés. J’ai ensuite été repéré un peu par hasard, en remplaçant au dernier moment un jouer absent. » Un heureux hasard qui le mènera au DCMP puis en Belgique, au Standard de Liège, dont il fera le bonheur, au poste de meneur de jeu entre 1957 et 1963. Une époque où les joueurs ne touchaient rien sur les transferts et étaient encore amateurs. Mais, au fil des pages de son ouvrage Le Football et ma Vie en « rouche », ni plainte, ni remord, mais au contraire, selon Dominique Loubao, « un enthousiasme et une joie de vivre qui semblent parfois faire défaut aux joueurs actuels ».
SIL019-photo2de2-copie-1.jpegJoseph-Ghislain Gabio « Tao-Tao », que l’on ne présente plus aux lecteurs congolais (pour les autres, il s’agit de l’orateur des plus grands exploits du sport national et africain depuis près de cinquante ans), est revenu sur le long travail de documentation nécessaire à la rédaction de son livre, "La Véritable Histoire du football congolais". Un recueil d’archives et d’anecdotes d’une richesse incroyable qui relate l’histoire du football au Congo, « de la création des championnats coloniaux et indigènes à la victoire des juniors aux Jeux de la Francophonie 2009 ». Un ouvrage plein de « surnoms qui font rêver », tels que les Ndomba Géomètre, Fantomas, Zeus et Lipopo, et qui relate les grands matchs d’antan.
Ces grands « derbys régionaux », le journaliste et éditeur Philippe Ngamou s’en souvient. Comme beaucoup de supporteurs camerounais, il garde un souvenir encore vif « du doublé de M’Bono le Sorcier lors de la finale de la CAN 72. Mais depuis, le Cameroun a repris le leadership au Congo, même si ces dernières années les choses tournent moins bien ». C’est d’ailleurs le sujet de l’ouvrage "Programmés pour échouer" (qui témoigne de l’échec des Lions indomptables au Mondial 2010), paru aux Éditions du Schabel, qui ont également publié la biographie de Joseph-Antoine Bell, "Vu de ma cage". Vint malheureusement le moment de laisser la place au débat suivant : l’heure impartie a défilé à la vitesse d’un sprint de Usain Bolt.
Camille Delourme
Photo : Les participants à la table ronde sur le sport d’hier et d’aujourd’hui.

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 21:08

Le Salon du livre de Paris, édition 2013, c'est 4 jours d’ouverture et plus de 190 000 visiteurs.

 

Le Stand Livres et auteurs du Bassin du Congo a organisé et accueilli : 

25 tables rondes 

10 têtes-à-têtes avec des écrivains 

102 intervenants

64 séances de dédicace

2 remises de prix : le Prix Mokanda 2013 à Emmanuel Dongala & le Prix Stéphane Hessel 2013 remis par RFI au burkinabè Bernard Bamogo, dans la catégorie nouvelle, et au camerounais Moïse Gédéons Kamguen Mouafo, dans la catégorie poésie

1 concert de rumba

1 dégustation de tapas africains

1 animation pour les enfants autour de l'alphabet musical

 

Partenaires

Médias : Enregistrements d'émissions et d'interviews sur le stand par RFI et Africa 24
Activités du stand couvertes par les Dépêches de Brazzaville, Géopolitique Africaine, France 24, Télé Congo, Africa n°1, TV5 Monde, journaldebrazza

Institutionnels : Organisation Internationale de la Francophonie

Culturels : Librairie-Galerie Congo, Musée du Bassin du Congo, Africultures, Afrilivres, Présence Africaine, Continents noirs, La Plume noire, l'ADELF, Editions Hémar, Editions Les Manguiers, Editions Ndzé, La Cité des mots, Rice

Privés : ECAir

 

MERCI A TOUS !

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 21:05

IMG_5965.JPGLe Salon du livre de Paris a choisi cette année de mettre à l’honneur la création éditoriale et le travail des éditeurs, c’est pourquoi le stand Livres et auteurs du Bassin du Congo a organisé une table ronde autour de la création éditoriale africaine en donnant la parole à des acteurs importants du continent.

Luc Pinhas modère cette table ronde en sa qualité de maitre de conférences à l’Université Paris XIII et auteur de l’ouvrage « Éditer dans l’espace francophone ». Il invite tout d’abord les différents intervenants à évoquer le contexte éditorial dans lequel ils évoluent et le profil de leurs structures respectives.

Marcellin Vounda Etoa est le directeur des Éditions Clé, fondées en 1963 au Cameroun. Le projet était initialement celui des missionnaires qui voulaient diffuser la Bible. Aujourd’hui, une partie de la production restée liée à la littérature théologique mais la littérature générale y a également sa place, ainsi que l’édition scolaire. Les Éditions Clé publient environ quarante titres par an.

Dramane Boaré est le directeur de la maison d’édition Les Classiques Ivoiriens, créée il y a sept ans et œuvrant également dans le secteur de l’édition scolaire ainsi qu’en littérature jeunesse et littérature générale. Muriel Diallo, auteur maison, a reçu le Prix Saint-Exupéry en 2012 pour sa série de livres « Bibi n’aime pas… ». C’est une jeune maison par rapport aux structures historiques que sont NEA (Nouvelles Éditions Africaines) ou CEDA (Centre d’Édition et de Diffusion Africaines) fondées il y a une quarantaine d’années. En effet, la Côte d’Ivoire fait figure de pionnière dans la région ouest-africaine et c’est également un des rares pays africains à initier une politique publique en faveur des éditeurs. Il y a aujourd’hui une dizaine de structures éditoriales actives telles que Eburnie, Frat Mat ou Edilis. L’édition scolaire est indispensable aux éditeurs locaux car, grâce à ce secteur, ils peuvent se développer et financer l’édition de littérature, de beaux-livres, etc.

Stéphane Marill est la présidente de « Scolibris, livre solidaire », une association basée à Paris qui fédère les professionnels du livre spécialisés dans le secteur scolaire, éducatif, de l’illustré et de l’information en général. Le modèle d’action de l’association est de soutenir les particuliers, les éditeurs ou les associations en accompagnant leurs projets éducatifs par une expertise éditoriale, une recherche de financements, un centre d’information et une mise en réseau. L’association vient de publier l’étude « Enjeux de la professionnalisation des filières du livre dans les pays Afrique-Caraïbes-Pacifique ». La priorité selon Stéphane Marill est d’aider les éditeurs africains à entrer en compétition avec les groupes internationaux afin que les manuels scolaires correspondent réellement aux besoins et aux pays dans lesquels ils sont distribués.

Les difficultés sont néanmoins très nombreuses sur le continent : la fabrication d’un livre est coûteuse, le réseau de librairies est disparate, et la circulation des livres entre les pays africains est quasiment nulle. À cela s’ajoute le manque de journalistes spécialisés qui peuvent traiter des sujets de littérature de manière précise et approfondie. La revue culturelle « Patrimoine » au Cameroun était une belle initiative mais n’est pour le moment plus active. Il faut structurer le secteur afin d’éviter, enfin, la profusion des écrivains publiés en auto-édition : ce procédé ne donne pas de visibilité et ne permet pas au livre de circuler étant donné les petites quantités produites.

En ce qui concerne la diffusion des livres africains en Europe, certaines initiatives actuelles sont encourageantes : l’Oiseau Indigo, créé en 2009, est une structure de diffusion des éditeurs du Sud très dynamique, de même la refonte de la base de données d’Afrilivres, en partenariat avec Africultures, est une excellente nouvelle. Afrilivres fédère les éditeurs africains francophones et ses objectifs sont la promotion et la distribution des livres africains. Son nouveau site web est en ligne a-t-on appris lors de cette table ronde.

Marcellin Vounda Etoa estime cependant que la priorité reste l’émergence d’un circuit du livre panafricain. Pour le moment, les marchés sont extrêmement fragmentés, des salons du livre à vocation régionale se mettent progressivement en place mais une réelle volonté est nécessaire pour que les choses évoluent et que les productions du continent soient promues et distribuées à grande échelle.

 

Pauline Pétesch

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 13:37

SIL018-photo1de2.jpegSamedi 23 mars, sur le stand Livres et Auteurs du Bassin du Congo, Henri Lopes est revenu sur la question d’Anthony Mangeon à propos de l’ensemble de son œuvre. Au cours de l’entretien, le célèbre écrivain congolais a levé un pan du voile sur son vécu et son écriture

« Les critiques littéraires nous obligent à rationaliser notre travail d’écriture. Mais je ne sais pas expliquer mon écriture. » C’est par ces mots qu’Henri Lopes avoue son impuissance à se dire. Mais au fil des questions de son vis-à-vis, Anthony Mangeon, émergent des éléments de réponse. « J’écris en français mais je n’écris pas français, j’essaye d’écrire avec l’accent du pays pour me mettre dans la pensée de mes personnages », révèle l’écrivain.  

« Mon modèle pour écrire sont les gens du Congo, qui, bien souvent, quand ils racontent une histoire en français, passent aux langues lingala ou kituba pour les dialogues, le style direct, confesse Henri Lopes. Cette double vie est intéressante. » Interrogé sur son rapport au français, l’ambassadeur Lopes de répondre : « Le français est devenu une langue africaine, du moins c’est une langue congolaise. À l’école, les congolismes étaient bannis… Dans la littérature, ce sont des nouveautés. »

SIL018-photo2de2.jpeg

Sur la question de savoir s’il existe une exception congolaise en matière de littérature, le diplomate-écrivain répond par la négative. Selon lui, les écrivains sont tout aussi nombreux dans les autres pays d’Afrique mais ils sont mal connus. Pas non plus de littérature congolaise dans la mesure où, pour Henri Lopes, « en matière de littérature, il n’y a pas d’équipe nationale. Les écrivains travaillent dans la douleur de la solitude, et c’est elle qui est féconde. » Toutefois, ceux-ci se doivent d’être des éveilleurs de conscience : « Un écrivain va au-delà de la politique. Nous jetons sur la société un regard critique et sévère », selon Henri Lopes.

Entrant dans une dimension plus intime, l’écrivain congolais s’est confié sur son identité métisse : « Être métis, c’est être d’ici et d’ailleurs, c’est quelque chose qui se porte et qui contient une certaine douleur, car les métis ont été fragiles à une certaine époque. » À l’heure du « village global », le regard de l’écrivain a changé : « Aujourd’hui, je suis heureux d’avoir parlé du métissage. De nos jours, avec les alliances de familles, nous avons tous des gens d’autres sociétés et d’autres couleurs parmi nos proches. » Il porte sur le monde ce regard d’espoir : « À l’avenir, nous serons tous métis. »

 

Rose-Marie Bouboutou

Photo 1 : Anthony Mangeon et Henri Lopes.

Photo 2 : Henri Lopes.

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 13:27

SIL017-photo1de1-copie-1.jpegLe directeur de l'espace culturel Basango à Pointe-Noire et co-auteur de l'ouvrage Les Artistes invisibles, Wilfrid Massamba, interroge trois écrivains sur leur perception de la littérature congolaise. M. Tchichelle Tchivela, grande plume de la littérature congolaise, était entouré de deux jeunes auteurs venus parler de leur premier roman.

 

D’aucuns prétendent qu’il n’y a pas de littérature congolaise. Tchichelle Tchivela s’étonne d’une telle affirmation ! La littérature congolaise, constituée d’ouvrages qui ont fait le tour du monde, suscite bon nombre d’études et de mémoires. La littérature congolaise existe bel et bien et fait partie intégrante de la littérature africaine. 

Pour Hygin Didace Amboulou, auteur de Nostalgite, paru chez L’Harmattan-Congo, la littérature congolaise exprime des situations du quotidien, des faits de société vécus par les Congolais. Si la littérature congolaise n’existe pas, c’est plutôt en termes d’espace : « Nous écrivons en fait sur des faits de société propres à tous les pays d’Afrique. »

Le pouvoir, une thématique prédominante

Hygin Didace Amboulou affirme que les auteurs qui parlent politique ne cherchent pas forcément à dénoncer un régime. Si la politique est très présente dans leurs écrits, c’est parce qu’elle l’est dans toutes les sphères de la vie en Afrique. Une idée confirmée par T. Tchivela.

Des ouvriers de l’imaginaire

Wilfrid Massamba remarque que les auteurs ont tous situé leurs actions dans des pays imaginaires. S’enfermer dans un territoire national semble impossible lorsqu’on aborde des thématiques africaines. Pour T. Tchivela, il s’agit d’un choix qui lui a permis de laisser libre cours à son imagination aussi bien dans les descriptions, que dans les faits et de ne pas être prisonnier d’un contexte culturel ou national.

Cette réflexion sur la littérature congolaise a inévitablement entraîné les trois auteurs à discuter des difficultés de publication et de visibilité des écrivains africains. Une vaste problématique qui méritera d’être posée lors de prochaines tables rondes.

 

Armelle Myab

Photo : Tchichelle Tchivela entouré d’Hygin Didace Amboulou et du modérateur Wilfrid Massamba

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 13:17

Jean-Michel Djian, journaliste et producteur à France-Culture, a répondu aux questions de Philippe Ngamou sur son ouvrage illustré des clichés photographiques du Malien Seydou Camara, Les Manuscrits de Tombouctou (Paris, 2012, J.-C. Lattès)

Répondant aux questions de son interlocuteur, l’auteur évoque le contenu de son livre qui déconstruit le mythe d’une Afrique fondée sur l’oralité. Il retrace l’histoire de Tombouctou, qui recèle des trésors de connaissances variés : la ville de Tombouctou et sa région totalisent plus de 300 000 manuscrits, plus de 500 000 si l’on compte les zones comprenant Gao, Djenné et Ségou.

Nombre de ces manuscrits, rares, ont été transmis de génération en génération entre le XIIIe et le XVIIe siècle. Dès le XVe siècle, sous l’empereur songhaï, Tombouctou devint une authentique ville universitaire où les gens venaient de l’empire du Ghana, d’Égypte et du Maroc pour suivre les cours de l’université de Sankoré. L’enseignement et le livre prospéraient et profitaient à tous les métiers qui existaient à cette époque : copistes, libraires, etc.

En rendant hommage à la ville de Tombouctou et sa région, Jean-Michel Djian n’a pas manqué d’insister sur la présence de l’islam sur le continent dans les premiers siècles de l’Hégire, un élément marquant la naissance de l’écriture sur des parchemins, des papiers venant d’Orient ou de simples peaux de mouton.

Les mots de la fin de ce tête-à-tête ont permis à l’auteur de revenir sur le contexte actuel pour évoquer la désolation que la ville a connue sur le plan culturel, notamment sur le pillage et le trafic de manuscrits par des bandes armées qui contrôlent dorénavant le nord du pays. Toutefois, l’espoir demeure, car Les Manuscrits de Tombouctou est un livre qui a aussi vocation de rappeler opportunément que Tombouctou n’est pas seulement devenu une terre de désolation, mais peut devenir une cité rayonnante et un centre culturel pour l’Afrique de l’Ouest.

 

Lambert Issaka

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 13:13

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Cette année, la collection « Continents noirs » de Gallimard a connu un grand succès avec pas moins de cinq prix pour sept publications, dont le prix Renaudot pour Scholastique Mukasonga et le prix Ouest France-Étonnants Voyageurs pour Libar Fofana.

La table ronde organisée sur le stand Livres et Auteurs du Bassin du Congo le samedi 23 mars était l’occasion de présenter trois nouveautés publiées récemment. La rencontre était animée par le directeur de la collection « Continents noirs », Jean-Noël Schifano. Il a choisi d’interroger Mamadou Mahmoud N’Dongo, Tidiane N’Diaye et Eugène Ebodé, trois auteurs qui font l’actualité. Il en a également profité pour dresser un bilan de la collection, notant une « force ascendante » qui laisse présager de bonnes choses pour l’avenir. La collection a trouvé sa place, notamment grâce à la richesse et la singularité des auteurs publiés.

Jean-Noël Schifano a tout d’abord laissé la parole à Mamadou Mahmoud N’Dongo afin qu’il présente son dernier ouvrage, Remington. Ce roman a été qualifié de « rock », car il est très moderne, son écriture est musicale et l’histoire est liée à la musique : chaque titre de chapitre est un titre de chanson, et le protagoniste, Miguel Juan Manuel, est un critique musical à la dérive. La musique joue un rôle important dans sa vie, un repère qui lui permet de franchir tant bien que mal le cap de la quarantaine.

Eugène Ébodé a ensuite présenté son nouveau livre, La Rose dans le bus jaune, autour de la figure mythique qu’est Rosa Parks dans l’histoire des États-Unis et dans le combat pour les droits civiques. Après une longue enquête menée à Montgomery en Alabama, Eugène Ébodé a choisi de donner la parole à Rosa Parks pour qu’elle raconte son existence et le monde tel qu’il était à son époque. C’est pourquoi ce livre mêle la fiction et le réel, en se basant sur l’épisode du bus dans lequel Rosa Parks a refusé de laisser sa place à un homme blanc qui la lui demandait. Cet acte de résistance est devenu un symbole et a marqué un tournant dans la lutte pour les droits des Afro-Américains aux États-Unis tout en prônant la philosophie de la non-violence. Symbole tellement sacré que le sujet est rarement traité : Jean-Noël Schifano fait remarquer que c’est le seul livre sorti cette année en France et peut-être même dans le monde à évoquer la figure de Rosa Parks.

Le troisième ouvrage à être présenté est celui de l’anthropologue et historien sénégalais Tidiane N’Diaye, Par delà les ténèbres blanches. Il a pour habitude de mener des enquêtes historiques sur des sujets oubliés, à l’image de son livre Le Génocide voilé qui revenait sur la traite esclavagiste par les arabo-musulmans. Le livre présenté aujourd’hui évoque les aspects méconnus du régime de l’apartheid en Afrique du Sud. Grâce à son regard anthropologique, il apporte un éclairage nouveau : il remonte aux origines de l’établissement d’un comptoir en Afrique du Sud qui servait d’escale entre l’Europe et l’Asie. Les premiers arrivants étaient donc des marins hollandais qui se sont établis en Afrique du Sud dès le XVIIe siècle, ainsi que les huguenots français qui fuyaient les persécutions religieuses. Tidiane N’Diaye poursuit sur sa lancée, car il publie dans un mois sa nouvelle enquête consacrée à la Chinafrique intitulée Le Jaune et le Noir.

Ces trois présentations ont illustré la vitalité de la collection « Continents noirs » qui confirme son rôle actif dans la promotion des écrivains africains.

 

Pauline Pétesch

Photo : Les participants à la table ronde Continents noirs.

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 13:05

SIL014-photo1de2.jpegL’écrivain congolais Emmanuel Dongala a reçu samedi soir, sur le stand Livres et Auteurs du Bassin du Congo, le Prix Mokanda des mains de l’ambassadeur du Congo en France, Henri Lopes, en qualité de président du jury. Auteur de Jazz et Vin de palme, Johnny chien méchant ou encore Photo de groupe au bord du fleuve, monument de la littérature congolaise et mondiale, Dongala succède ainsi à Ananda Devi, sacrée lors de la première édition

Devenu, dès sa deuxième édition, un événement marquant du Salon du livre de Paris et de l’actualité de la littérature francophone, le Prix Mokanda 2013 a livré son verdict ce samedi : Emmanuel Dongala devance Aminata Sow Fall et Bessora.

Dans son discours de remise, Henri Lopes, le président du jury, a précisé que le Prix Mokanda récompense l’ensemble de l’œuvre d’un écrivain et non pas un ouvrage en particulier. Concernant Emmanuel Dongala, installé aux États-Unis où il enseigne la chimie et la littérature africaine francophone, l’ensemble de sa bibliographie est couronné de succès littéraires : Un fusil dans la main, un poème dans la poche (1974), Le Feu des origines (1987), Jazz et Vin de palme (1996), Les petits garçons naissent aussi dans les étoiles (2000), Johnny chien méchant (2002) et Photo de groupe au bord du fleuve (2010). Le romancier congolais a d’ailleurs été primé à deux reprises avec le prix Virilo 2010 et le prix Ahmadou-Kourouma 2011.

SIL014-photo2de2.jpegHonoré de cette distinction, Emmanuel Dongala voit en ce prix Mokanda le signe que « l’Afrique commence à intérioriser l’importance du livre et de ses écrivains. La création et la remise d’un prix littéraire africain comme celui que je viens de recevoir sont un témoignage fort à l’endroit de tous les écrivains. Je suis flatté d’en être le lauréat, mais au-delà de ma personne, c’est toute la littérature africaine qui est récompensée. »

Quelques semaines après avoir participé au festival Étonnants Voyageurs à Brazzaville, Emmanuel Dongala a pris part à plusieurs tables rondes et débats sur le stand Livres et Auteurs du Bassin du Congo. Une présence qui tord le cou aux rumeurs qui le disaient en rupture avec son pays. Ce qu’il confirmait lui-même après la remise du prix : « Je n’ai jamais fui mon pays, je n’ai jamais été exilé politique et j’ai toujours dit ce que j’avais à dire. Je vis hors du Congo pour des raisons professionnelles, mais pour autant je n’ai aucun problème relationnel avec le Congo, qui est mon pays et que je n’ai jamais cessé d’aimer. »

Rappelons que le jury, présidé par Henri Lopes, était composé d’Élizabeth Tchoungui, Yvan Amar, Boniface Mongo-Mboussa, Olivier Barrot, Jacques Chevrier, Jean-Michel Place et Isabelle Kassi-Fofana.

 

Camille Delourme

Photo 1 : Emmanuel Dongala reçoit le trophée du Prix Mokanda 2013 des mains d’Henri Lopes, président du jury.

Photo 2 : Emmanuel Dongala présente son trophée aux côtés des membres du jury.

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Présentation

  • : www.livresetauteursdubassinducongo.com
  • www.livresetauteursdubassinducongo.com
  • : Le stand Livres et Auteurs du Bassin du Congo conforte sa présence au Salon international du livre de Paris du 21 au 24 mars 2014. Fort du succès de ses participations aux éditions 2010, 2011, 2012 et 2013 du Salon du livre, le stand Livres et Auteurs du Bassin du Congo renouvelle sa participation en 2013 sur une surface de 280 mètres carrés.
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